Overblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
  FAMILLE AFRICAINE

Pour un dialogue de vérité dans les foyers Chrétiens en Afrique

28 Février 2025, 13:22pm

Publié par Theon Tuyisabe

Défendu en en 2006 à Cotonou au Bénin, je relis la conclusion de mon Mémoire de fin de cursus et j'ai envie de dire: "Oui, je persiste et signe."

La mission de tout foyer chrétien se résume en deux grands volets : ad-intra et ad-extra. La mission ad-intra consiste en la prise de conscience de sa propre identité ontologique, celle d’être « icône » du couple Christ-Église. Une fois cette identité assumée avec dignité, le foyer chrétien vit les sacrements de l’Église. C’est dans ce cas qu’il s’ouvre à la grâce que confère le Saint-Esprit. Le dialogue est ainsi reçu comme un don et permet au foyer de rayonner. L’élan qui procède du Saint-Esprit le pousse à sortir de lui-même pour une nouvelle mission, la mission ad-extra.

Celle-ci est un déploiement hors de soi qui se fait à travers les activités pastorales. Nous les avons envisagées, dans ce travail, en trois volets : la pastorale des jeunes, la pastorale des fiancés et la pastorale des mariés.

Notre contribution en ce qui est de la pastorale familiale se projette selon trois possibilités. La première prévoit la création d’un cabinet spécialisé sur le mariage et la famille. La seconde possibilité se propose de nous mettre à la disposition de l’évêque dans sa pastorale familiale. La dernière possibilité nous met

en collaboration avec le curé. Ainsi nous sera donnée une chance de mettre en valeur tous nos acquis en sciences du mariage et de la famille.

Voir les commentaires

Commentaire d'un de nos lecteurs

4 Juin 2026, 08:53am

Publié par Theon Tuyisabe

La situation sécuritaire de la région des grands lacs africains est effectivement mise à l'epreuve en ce moment.

Cet état des choses n'est pas complètement entre les mains de ses ressortissants et, cela complique la donne. Toute tentative de recherche d'un quelconque consesus de cohabitation est/ sera compromise par les tenants d'un côté et les aboutissants de l'autre. Au prix de la vie de nombreuses personnes en terme de milliers le marché de la guerre sera entretenu et soutenu par une vente prospère des armes et de la nouvelle technologie. C'est malheureusement le prix fort qui doptera les tenants et les aboutissants des minerais prisés en provenance de cette zone. Le champ du théatre de la violence risque de s'étendre jusque  au-delà des frontières de la région pour servir le monde uniipolaire en cours d'édification.

Voir les commentaires

Diagnostic des risques sécuritaires dans les pays des grands lacs africains à l’aube du monde multipolaire numérisé

2 Juin 2026, 16:27pm

Publié par Theon Tuyisabe

Par Théon Tuyisabe(1)

Il y a peu, un article vient de sortir avec comme titre : « La RDC : Un Etat fantôme et une nation inachevée. Réflexion sans complaisance d’un juriste politologue » (2).

L’article se concentre sur deux concepts « Etat » et « Nation », puis analyse le
cas de la RDC

 

(photo d'archives qui date de la période des indépendances).

C’est un exercice normal et habituel mais avec cette fois-ci des déductions non moins inquiétantes sur la sécurité de la région des grands lacs africains.

Notre point de vue par rapport à cet article veut sortir des problèmes sécuritaires causés et subis par les congolais eux-mêmes pour aborder l’influence de la région et des
puissances étrangères très lointaines dans la situation actuelle de la RDC qui
sans nul doute contaminera toute la région.

La célèbre affirmation gênante d’Alexander De Croo en 2017 que la République
Démocratique du Congo n’était « pas un Etat, mais un système
d’enrichissement personnel » (3) est reprise dans l’article et attribuée à l’ancien
premier ministre du royaume de Belgique Louis Michel. Ce dernier aurait
affirmé que « la RDC n’est pas un Etat » (4), ce qui est loin de plaire les
oreilles des congolais de la RDC et leurs amis quoi que l’auteur de l’article ci-haut
évoqué affirme vers la fin de son article que c’est la pure et triste réalité.

Le problème identitaire de la RDC ne date pas d’aujourd’hui. Les mouvements
migratoires vers le Congo commencent à l’époque coloniale quand il fallait
chercher les meilleures mains d’œuvre pour exploiter les mines du Katanga (5).
Aujourd’hui la simple évocation du nom Katanga donne des frissons à tout prédateur de
minerais du Congo. Du cuivre à l’uranium, on court aujourd’hui derrière le
coltan, demain ce sera un autre minerai, la main-d'œuvre sera toujours sollicitée.

Avant d’évoquer les problèmes du Congo liés à cette richesse minière, arrêtons-
nous d’abord sur la gestion de ces migrations avec l’arrivée des peuples ayant
une nouvelle langue, une nouvelle physionomie, une nouvelle culture, bref un
nouveau mode de vie.

Déjà la RDC contenait plus de 250 ethnies et 450 tribus, en ajouter d’autres n’a
jamais été un problème d’ordre social. Le Maréchal Joseph Désiré Mobutu Sésé
Séko Kuku Mwendo Wa Nzabanga l’a vite compris. A l'instar de son
homologue ivoirien Félix Houphouët Boigny qui n’a pas hésité à importer les
agriculteurs Burkinabé, les a octroyé terres et papiers, Mobutu a fait voter en
1972 une loi n°72-002 du 5 janvier 1972 accordant la nationalité zaïroise aux
personnes originaires du Ruanda-Urundi installé au Kivu avant le 01 janvier
1950. Cette loi dite « loi Bisengimana » fut modifiée par la loi n°81-002 du 29
juin 1981, replaçant encore une fois les rwandophones dans une situation
d’apatrides.

Mobutu qui se croyait lui-même le Zaïre, pouvait octroyer la nationalité zaïroise à qui il voulait sans trop de protocole. Ce fut l’ère de la gloire des dictateurs omnipotents, omniscients, un peu plus vaillants que les rois africains jusqu’ici connus. Le Zaïre s’est retrouvé avec une mosaïque de peuples vivant pacifiquement sous la crainte du dictateur Mobutu, un mythe vivant, jamais inégalé.

Personne ne pouvait le contredire. A un journaliste français qui l'interviewait sur le
traitement qu’il réserve aux opposants, le Maréchal répondit : « Petit, ici on est
en Afrique. Parmi les valeurs africaines, surtout chez les bantoues, il y a le
respect de l’autorité du père. En tant que Papa des Zaïrois, il ne revient pas à
madame ou aux enfants de venir défier les ordres du père. Tout est ordonné
mon cher »(6). Nous pouvons dire que cette recette a marché puisqu’à son
époque, la question des banyamulenges ou des batutsi du Masisi ne se posait
pas. Mobutu était lui-même la loi.

Les changements intervenus dans le monde avec la chute du mur de Berlin,
l’éclatement de l’URSS et la fin du système communiste ont eu un impact
considérable au Zaïre. Mobutu, contraint de démocratiser son pays, la
Conférence Nationale qui devrait tracer les lignes à suivre sous la houlette de
Monseigneur Laurent Monsegwo s’est clôturée en queue de poisson. Entre autres
la question de nationalité n’a pas été achevée. On ne peut pas l’esquiver.

Comme d’autres dirigeants africains, Mobutu a été sommé d’entrer dans la
cadence sur les ordres du président français d’alors François Mitterrand qui,
au cours du sommet France-Afrique de La Baule n’a pas hésité à intimider ses hôtes :
« Démocratisez vos institutions, sinon nous allons fermer le robinet » (7).
Oui, ces robinets d’argent (aide au développement) ont longtemps endormis les
africains. Pour en bénéficier, les présidents africains n’hésitaient pas à
embarquer dans leurs valises diplomatiques des cadeaux (or, diamants, etc.)
pour se faire des yeux doux à l’occident comme si l’Afrique n’avait qu’à
quémander pour s’en sortir financièrement.

Ce sentiment paternaliste a toujours prévalu dans certains pays d’Afrique, jugés incapable de bien gérer les fonds, une raison de céder leur souveraineté financière aux banques occidentales. Le franc CFA utilisé en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale en dit long.
Notre Mobutu n’a pas vu venir le monde unipolaire annoncé par Georges Bush
en Irak lorsqu'il clama : « Nous entrons dans un nouvel ordre mondial » (8).

Cet ordre n’a pas seulement fragilisé l’autorité de Mobutu, elle l’a simplement
éjecté de son siège (7). Il s’est retrouvé sans cortège à l’aéroport de Lomé et a
fini sa cavale à Rabat/Maroc où il a été enterré sous les honneurs de moins de
dix personnes, tous membres de sa famille.

 

La RDC efface le Zaïre dans une mise en scène remplie d’hypocrisie. Laurent
Désiré Kabila, le nouvel homme fort, comme les journalistes des médias
occidentaux ont l’habitude d’appeler les chefs de la junte que leurs pays ont
nourris, entretenus et financés, monte au podium sous les applaudissements des Kadogo Rwando-Ougandais armés et financés par les capitalistes, ses anciens ennemis en tant que communiste lui-même.
Sans aucun gène, il nomme un Rwandais, pas un Munyamulenge ou un
Masisien au poste de chef d’état-major des forces armées congolaises (FAC). Il
se fait plus vaillant que Mobutu, croyant son propre passé oublié passé et fait
comme si les débats sur la nationalité congolaise avaient été clos.

L’hypocrisie de Kabila, puisse-t-elle être une stratégie politique, planera sur la
RDC jusqu’aujourd’hui, en commençant par celui qui l’a remplacé. Dans les médias
congolais, on se demande toujours si Hyppolite Kabange est le fils de Kabila
ou pas. En tout cas la question n’est toujours pas tranchée. C’est par ailleurs une question
inutile, sinon Barack Obama, Rama Yade et bien d’autres n’auraient pas occupé
les postes qu’ils ont eus à occuper.
 
L'affaire de nationalité en Afrique, c’est une grosse affaire. Là, l’occident a à nous enseigner encore et encore. Voilà le nœud de la question identitaire en RDC, une question non encore
soulevée dans d’autres pays africains, spécifiquement les pays des grands lacs.
Dans mes notes de cours d’éducation à la citoyenneté je dis : « Un citoyen est
un homme respectable, qui aime son pays, qui le sert en respectant la loi et en
la faisant respecter partout où il se trouve »(9).
 
Et pour dire bref je dis : « Un citoyen a le droit de se faire élire et le devoir d’élire »(10). Il ne suffit donc pas d’avoir un passeport ou une carte nationale d’identité pour se nommer citoyen. Il faut bénéficier de tes droits et exercer tes devoirs. Un grand pays comme la RDC où la carte nationale d’identité n’existe pas, comment connaître qui est citoyen et qui ne l’est pas ?
 
La carte d’électeur ne remplace jamais la carte nationale d’identité. Pas mal de pays africains hésitent à mettre à la disposition de leurs citoyens les cartes d’identité biométrique juste pour se faire de l’argent en fabriquant de faux papiers pour les étrangers. Le jargon  burundais attribue cette pratique à un des quartiers de la ville de Bujumbura ; le quartier de Buyenzi. Tout faux-papier est taxé d’être fabriqué à Buyenzi.
 
Au-delà de cet imbroglio identitaire qui impacte le principe de citoyenneté, un congolais éclairé avait affirmé : « la richesse du Congo est un problème du Congo »(11). Des films sortent au jour le jour pour dénoncer l’exploitation minière du Congo qui ne respecte aucune norme, des multinationales étrangèrese succèdent, des contrats sur contrats et cette fois-ci l’exploitation des mines se fait sous l’œil vigilant des groupes armés aux commandes du monde multipolaire (12).

Certains de ces groupes sont organisés, d’autres non. C’est ce que dénonçait l’article évoqué au début de mon intervention. Il indexe aussi les Etats qui interviennent pour soutenir la RD Congo, concluant ainsi que sur la ligne de Max Weber, la RDC n’est pas un Etat, encore moins un Etat de droit, histoire de paraphraser Louis Michel (13).

Ici, les choses sérieuses commencent. La RDC est un Etat, certes en difficulté, mais c’est quand même un Etat car elle a les institutions bien en place même si elle a d’énormes défis à devoir surmonter.
L’ennemi du Congo n’est pas le congolais. Par contre les congolais devraient s’asseoir ensemble pour identifier cet ennemi, et lui préparer une recette appropriée. Le temps n’est pas à la balkanisation du Congo. Par ailleurs la nation n’est pas une entité toute faite, elle se construit au jour le jour en ressemblant ses filles et fils dans une même histoire et en les orientant vers un destin commun. L’indépendance du Kivu ne résoudra pas les questions identitaires ci-haut évoquées ni l’exploitation illégale des minerais du Katanga ou ailleurs.

L’idée de diviser le Congo est connue depuis les années 1960. Ce n’est pas une solution. Les problèmes administratifs ne sont pas liés à l’immensité de la RDC mais plutôt à la cohésion nationale. Le narratif Trump, apparemment très préoccupé par les deals ne pourra pas échapper aux réglementations internationales régissant le commerce, du moins à un certain moment de l’histoire.
 
Le moment venu, les africains se réveilleront pour protéger les biens de l’Afrique. Ils  ’entr'aideront, ils lutteront ensemble. Si Trump se permet de dire que l’OTAN est un tigre en papier parce qu’il n’est pas intervenu pour le détroit d’Ormuz, ce n’est pas le point de vue de tous les américains, encore moins les européens eux-mêmes.

L’OTAN est fort, faible à certains égards. Mais aussi la RDC est forte, faible sur certains points. La SADEC, la EAC, le Burundi et bien d’autres pays qui ont soutenu ou qui soutiennent la RDC sont à encourager. J’y vois la solidarité africaine. D’autres pays africains devraient s’y adjoindre.
Les experts en guerre disent qu’aucune guerre ne se gagne par la force des armes mais plutôt la force de l’esprit, la détermination et la connaissance de la raison de se battre.
 
Le congolais a le droit de défendre son sol, il est à lui. Ça pourra lui prendre autant d'années que ça prendra. Un pays africain qui ne comprend pas que le  problème de la RDC oriente, facilite et attire l’ennemi sur son sol. Ce qui arrive à la RDC peut arriver à d’autres pays africains.

Pour se réveiller, il faut comprendre que les guerres changent de forme. Elles varient selon les régions, les peuples et les enjeux. Le monde multipolaire qui se construit petit à petit et soulève de nouvelles équations. Le numérique prendra de plus en plus de la place et envahira nos modes de penser et d’agir. Les grands lacs africains, assis sur les idéologies de génocides (14), devaient réfléchir davantage sur leurs questions identitaires. Comme l'a dit le pape Léon XIV,  il est temps de « désarmez l’Intelligence Artificielle en désarmant d’abord les cœurs ».
 

Références
(1) Théon Tuyisabe est enseignant-chercheur burundais de l’Université des Grands Lacs (UGL en sigle), formé en Philosophie avec une spécialisation en sciences du mariage et de la famille. Il a participé à la création du Service d’Ecoute, d’Aide et d’Accompagnement Psychosocial de l’UGL. A travers l’Association Special Olympics Burundi dont il est Vice-Président, il s’active pour la révolution de l’inclusion sociale des personnes vivant avec handicap intellectuel via le sport. Par cette occasion, il contribue à l’implémentation du projet « Sport pour la paix » financé par SEZ via DOSB d’Allemagne en faveur les personnes vivant avec déficiences intellectuelles des camps des réfugiés des provinces Burunga (Musenyi), Buhumuza (Muyinga) et Bujumbura
(pour les réfugiés urbains) et alentours. Il fait aussi parti du réseau financé par Liliane Fund pour le projet « Inclusion sociale » des personnes vivant avec handicap mental des provinces Burunga (Makamba-Mugamba), Gitega (Mwaro) et Bujumbura (Mairie)
(2) https://www.poliscoopmedia.com/articles/la-rdc-un-tat-fantme-et-une-nation-inacheve-rflexions-sans-c-1779700408674?lang=fr
(3)beto.cd
(4) Kabamba, B. et Lanotte, O., « Guerre au Congo-zaïre (1996-1999) acteurs et scenarios », in conflits et guerres au Kivu et dans la région des grands lacs, Paris, édition L'Harmattan, 1999.
(5) La citation du vidéo n’a pas été paraphrasé mot par mot, elle reconstitue l’idée du Maréchal Mobutu devant ce journaliste
(6) L’injonction de François Mitterrand aux présidents africains était on ne peut plus claire, celui qui ne l’a pas compris ainsi a eu des difficultés.
(7) Le Nouvel Ordre Mondial signifie que dorénavant tous les ordres doivent venir de Washington puisque l’URSS et son modèle communiste n’existe plus. Toutes les politiques doivent s’aligner à la logique tracée par les USA capitalistes. Les irakiens devraient le comprendre en premier puisque sous domination américaine après la chute de Saddam Hussein
(8) Diakité, D., «Démocratisation et crises identitaires en Afrique», Nordic Journal of African Studies 6.2 (1997): 1-19.
(9) TUYISABE,T. Notes de cours d’éducation à la citoyenneté, UGL, A/A 2025-2026, p.8
(10) Idem, p.9
(11) https://information.tv5monde.com/afrique/les-minerais-une-malediction-pour-la-republique-democratique-du-congo-2682042

https://information.tv5monde.com/afrique/les-minerais-une-malediction-pour-la-republique-democratique-du-congo-2682042 , (consulté le 14/01/2025)
(12) Bokwokwo Mboyo, Y., L'exploitation des ressources naturelles et les violences armées dans la région des grands lacs africains : bilan et perspectives, Unilu, Mémoire L2 R.I, 2010.
(13) La #RDC : Un État fantôme et une nation inachevée. Réflexions sans complaisance d'un juriste politologue 

(14) Dupaquier, J. F. (2020). 4-RDC/Rwanda: dans leurs bagages, l’idéologie du génocide. Afrikarabia, 12, 1-23.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Voir les commentaires

Communication responsable dans nos familles et dans le monde

21 Juin 2025, 18:09pm

Publié par Theon Tuyisabe

Thème : Communication responsable dans nos familles et dans le monde d’aujourd’hui.

Par Théon Tuyisabe

 

Introduction

Une communication responsable dans la famille et dans le monde d’aujourd’hui, est indispensable. Elle contribue énormément à la compréhension mutuelle, au respect et à l'établissement de relations durables.

Cette réflexion sur la communication découle d’une conférence qui a été organisée par les religieuses de la communauté des « Benemariya », qui s'est donnée l’objectif de cultiver l'esprit chrétien au sein des familles. De telles rencontres sont organisées tous les trois mois, dans les locaux de la Procure d'Accueil Religieux (PAR) de Bujumbura.

Le présent thème est abordé en trois chapitres : 

1° Le rôle de la communication dans la société

2° La communication responsable au sein de la famille

3° La communication responsable dans le monde d’aujourd’hui

Chapitre 1. Le rôle de la communication dans la société

  1. La communication dans les Écritures Saintes

1° La communication trinitaire

Dieu s’est révélé comme la relation entre Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit. En soi, Il est une ouverture, une rencontre qui fait la communion entre le Père, le Fils et l’Esprit. Entre les trois personnes, il y a une communication honnête et sans tache. Rien ne peut se cacher à l’un ou l’autre. Jésus le rappelle en Jean 14, 9-12 : « Les paroles que moi je vous dis, je ne les dis pas de par moi-même ; mais le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ; sinon, croyez-moi à cause des œuvres elles-mêmes ».

Ici, Jésus répond à la question : « Montre-nous le Père, et cela nous suffira ». C’est comme si celui qui pose la question était lassé de sa communication avec Lui. Il voulait être convaincu par le recours aux organes de sens (la vue) pour connaître Dieu. La réponse de Jésus se rapproche au proverbe rundi qui dit: « Impfizi y’intama itendera nka se », littéralement « L'agneau, marche comme son père ». Ce qui est du Père est connu par le Fils, tout comme ce qui est du Fils est connu du Père. Et ce que le Père et le Fils ont en commun, c'est le Saint-Esprit. Le Père est la parole du Fils, qui n’est rien d’autre que le Saint-Esprit. Il est la Parole vivante et vivifiante. C’est le Verbe.

2° Le Verbe

L’usage de l’expression « le Verbe » se trouve dans les Écritures Saintes. Au début de l'Évangile de Jean, il est écrit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. » Jean 1:1-2

Ce passage montre clairement que Dieu est une Communication. Il est la Parole, le Verbe, le Logos par lequel Il crée. Du Verbe se dégage la parole, l'étude, la science, le son, l'intelligence, la raison, la vérité, l'amour.

Dieu a parlé dès la création. Du premier au sixième jour, il est écrit dans la Genèse: « Dieu dit… et ce qu'Il dit est ». (Genèse 1:1-2; 4a). Ce premier récit de la création repose sur la toute-puissance de Dieu qui parle, et ce qu'Il dit se traduit en actes. C'est par la foi que nous comprenons que le monde est venu à l'existence par la parole de Dieu. Pour que ce que nous voyons ne soit pas influencé par ce que nous voyons. Le Psaume 33.9 dit : « Car Il a parlé, et ce qu’Il a dit s’accomplit. Il a ordonné, et cela s’est fait. »

Au Rwanda, précisément à Kibeho où la Vierge Marie est apparue à trois jeunes filles, Alphonsine Mumureke, Nathalie Mukamazimpaka et Marie Claire Mukangango, du 28/11/1981 au 28/11/1989, elle est apparue comme la Mère du Verbe « Nyina wa Jambo ». Recevoir Jésus, c’est donc recevoir le Verbe.

3° Recevoir la parole de Dieu

Marie fut la première personne à recevoir comme il faut la parole de Dieu. Elle corrigea les erreurs d'Ève, la première femme qui accepta (ouvrit son cœur) le bien et le mal, et nous apporta la mort. Ève engagea la communication avec le diable, elle en récolta la chute de l’homme et sa descendance. C’est elle qui a introduit le péché dans le monde.

Marie, cependant, ne fut pas trompée par le diable. Elle ne le laissa pas parler (elle n’a pas accueilli le mal dans son cœur). Elle lui écrasa la tête, devenant ainsi la nouvelle Ève, porteuse du salut. Elle répondit sans hésitation à l'ange Gabriel : « Oui, qu'il en soit ainsi selon ta parole ». Elle ne craignait ni les rumeurs, ni les qu’en dira-t-on, ni même la peine réservé à la fille ayant eu une grossesse non désirée pour les habitants d’Israël de son époque.

Marie fit ici preuve d'un courage extraordinaire lors d'une communication avec Dieu par l'intermédiaire d'un ange. C'était difficile à accepter, mais elle a dit « oui ». Cette attitude de foi de la Vierge Marie, Jésus l’a confirmé en réprimandant le diable, alors qu'il criait dans un homme possédé par lui en disant : « Jésus, nous te connaissons… es-tu venu pour nous détruire ? » (Mc 1,25). Jésus a ordonné : « Tais-toi, et sors de cet homme » !

La communication relie ainsi les hommes à Dieu et les hommes entre eux. Dans la communication responsable, le démon, le diable n’a pas de place. Chaque communication est fondée sur la vérité, en termes claires et compréhensibles, comme celle de la Vierge Marie qui s'ouvrait à Dieu par un « Oui », un « fiat ». Le démon signifie la négation (dé) des émotions (mon de moon que symbolise la lune). Marie n’est donc pas tombé dans la négation !

1.2. La communication humaine

1° La capacité de communication verbale

De toutes les créatures, l'homme est le seul à posséder le don de communiquer avec les mots, les paroles, le verbe. Les animaux aboient, grognent ou rugissent. Ils n'ont pas de langage pouvant sortir une idée savamment construite.

Les animaux agissent par instinct, mais l'homme qui parle réfléchit d'abord, planifie ce qu'il dit, et après avoir parlé, il interroge son action. La ​​parole humaine est intelligente. C'est pourquoi elle ne parle pas de choses poussées par le vent, poussées par l'esprit errant. Elle se réduirait ainsi à un animal.

Lorsque nous sommes submergés par les émotions, la conscience revient, nous nous rétablissons, nous nous recentrons et parfois nous demandons pardon. La conversation humaine est donc toujours fondée sur l'intelligence, la raison.

2° Le rapport entre la communication et la raison

Une communication qui n’est pas fondée sur la raison est sans sagesse, c’est une perte de temps. Elle est adaptée aux animaux. L'homme possède l'intelligence, la raison, c'est pourquoi son discours est caractérisé par cette intelligence.

Selon ChatGPT, « la raison est la faculté de penser, de comprendre et de juger logiquement. C'est ce qui permet à l'être humain de distinguer le vrai du faux, le bien du mal. On l'oppose souvent aux émotions ou à l'instinct ».

La raison nous aide à distinguer le bien du mal. Elle nous permet de choisir la vérité et d’éviter le mensonge. Là où il y a de la raison, il y a de la lumière, et les ténèbres fuient. La raison éclaire la vérité et dissipe nos peurs.

3° Le rapport entre la communication et la vérité

La communication en soi est indépendante de la vérité ou du mensonge. Le sujet communiquant doit choisir quoi communiquer. Les Burundais disent : « Ha guhura n’umubeshi, wohura n’umurozi », littéralement « Plutôt que de rencontrer un menteur, vaut mieux rencontrerez un sorcier ». Ils ajoutent : « ukuri guca muziko ntigusha » littéralement : «  La vérité passe par le feu mais ne brûle pas ». On dit par ailleurs aujourd'hui que même si la vérité est lente en passant par les escaliers, elle finit par arriver et déjouer le mensonge qui s’est précipité en empruntant la voie de l’ascenseur.

Parler à quelqu'un, c'est s'ouvrir à lui. C'est lui donner son cœur, le laisser entrer, lui faire connaître. Cette connaissance les unit, tout comme le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne font qu'un.

Une communication est une excellente occasion d'échanger des idées, une leçon pour construire sa vie, avec l'aide d'une autre personne comme vous. Après tout, on dit : « Tubiri tuvurana ubupfu » littéralement « Deux se guérissent la mort » ou « umutwe w’umwe ntiwigira inama » littéralement « une seule tête ne peut pas se conseiller ».

La communication a donc un but. Le pape Jean-Paul II, dans son encyclique Veritatis splendor, déclare : « La vérité morale authentique se comprend pleinement à la lumière de la révélation divine. » Il disait : « La vérité morale ne peut être relativisée ni réduite à une opinion subjective. Elle trouve sa plénitude dans la vérité divine, c'est-à-dire en Dieu lui-même, qui est la Vérité. Cette vérité divine a été définitivement révélée dans le Christ, et l'homme, pour se comprendre pleinement, doit accueillir cette révélation. » VS N°1

1.3. La communication dans les Nouvelles Technologies de l’Information 

1° La communication et l’intelligence artificielle 

L'intelligence artificielle est différente de l'intelligence naturelle. Il s'agit d'une intelligence fabriquée. Tout comme un humain séquence ses pensées, une par une, de la première à la dernière, les scientifiques ont permis aux machines d'enchaîner des tâches jusqu'à ce qu'elles produisent une pensée logique.

Cependant, le logiciel est fabriqué par un homme. Il lui donne un but. La machine ne peut donner que ce qu'on lui a donné. Il n'y a pas d'instincts ici. Si 1 signifie Vrai et 0 signifie Faux, l'appareil ne trie que ce que vous lui avez donné, c’est-à-dire 1 et 0. Le raisonnement logique de la machine est exempt d'erreurs et de sentiments, c'est pourquoi parfois la machine nous apporte ce que nous ne voulons pas. Désormais, la machine fait le travail à notre place, ce qui nous fait gagner du temps et nous évite la paresse. Néanmoins, tout ce qui est techniquement possible n'est pas forcément bon !

2° Les limites de l’Intelligence Artificielle

De nos jours, l'intelligence artificielle fait débat. Pour les étudiants, des cas de rédaction avec l’aide de l’IA deviennent monnaie courante avec des risques de tricherie ou simplement de plagia. La question qui se pose est de savoir si les machines finiront par remplacer les humains, même dans les tâches habituelles.

Lorsque ChatGPT a été fermé pendant seulement 10 heures le 10/06/2025, il a été constaté que de nombreux journaux ne publiaient pas leurs informations à temps, les journalistes étant obligés de l'utiliser pour bien écrire.

Dernièrement, en RDC, IA a produit un vidéo posté sur YouTube le 02/04/2025, un vidéo qui présente un dialogue entre un journaliste de France 24 et un des chefs de AFC/ M23, dans une interview de près de 4 minutes 44’’ qui n’a jamais eu lieu. Actuellement, avec l’IA, les intox/infox sont devenues affaire de tous les jours et deviennent de plus en plus difficile à détecter.

Chapitre 2. La communication dans la famille

2.1. La communication comme fondement de relations saines

La famille est la première école qui enseigne le dialogue. La communication respectueuse s'apprend à la maison. Les parents parlent à leurs enfants, les frères et sœurs se parlent entre eux. Cela favorise les bonnes relations, la confiance mutuelle et l'entente au sein de la famille.

Un enfant parle à sa mère dès les entrailles, avant de naitre. Il entend même son père, selon la façon dont celui-ci traite sa mère. Même si actuellement la communication au coin du feu diminue de plus en plus, les occasions de parler en famille ne peuvent pas manquer. Il faut les créer. Entre couples, il est parfois important de changer de décor en quittant la maison pour se retrouver dans le jardin, la plage ou ailleurs, loin des bruits des enfants.

Il est aussi important que papa et maman prennent le temps d'écouter leurs enfant sans les interrompre, leurs permettent de s'exprimer sans les insulter, afin d’apprendre à résoudre les conflits par le dialogue.

Tout comme chaque parent souhaite que son enfant lui dise toujours la vérité, les parents doivent se dire entre eux la vérité. Un homme et une femme qui ne font qu'un ne doivent pas se cacher quoi que ce soit. Si l'Église recommande aux couples mariés de vivre en « communauté de bien », c'est justement pour réduire les spéculations. Vivre dans la vérité, s'entraider et se soutenir mutuellement, voilà le devoir des personnes mariées. Cela réduit les malentendus et les conflits potentiels.

2.2. La place de l’écoute dans la communication

Les Burundais disent : « kutavugana ni isoko ry’amazimwe » littéralement « Ne pas communiquer est source de problèmes ». Une communication défaillante ou interrompue engendre des conflits, source de confusion.

Aujourd'hui, les téléphones semblent être plus importants en famille et nous prennent tout notre temps. Les enfants parlent à leurs téléphones, les parents mêmement, l’ambiance familiale change de plus en plus. Sur les routes, les passants marchent avec leurs écouteurs, l'égoïsme est en train de gagner du terrain. 

Pourtant, communiquer, c'est rencontrer l'autre, et utiliser les bons mots au bon moment. Communiquer n’est pas tout dire et n’importe comment. Avant de perler, on se met à la place de l’autre (du destinataire), en se demandant comment il/elle va recevoir votre information. Il est donc important de pouvoir s'exprimer en prévenant les conflits. Chacun a besoin d'être entendu. Mais parler, ce n'est pas parler pour parler.

Selon le psychologue Carl Rogers (1961), lorsqu'une personne parle de ses expériences, elle se soigne elle-même. Lorsqu'il n'a personne à qui parler, cela devient confus et lui cause des problèmes. Écouter l’autre est donc thérapeutique. Accordez donc-lui du temps pour vous parler, mais prenez soin de vous et parlez-lui. Ainsi, vous lui donnez ce dont il a besoin, et il vous donne ce dont vous avez besoin.

2.3. La transmission des valeurs par la communication

Grâce à la communication responsable, les parents inculquent à leurs enfants des valeurs telles que le respect, la tolérance et la bienveillance. Toute communication vise un objectif. Personne n’éduque mieux un enfant que son parent. C'est pourquoi le premier enseignant d'un enfant est son parent.

Les bonnes manières sont transmises à l'enfant par les parents à travers le dialogue et le bon exemple. Un enfant est le fruit de son père et de sa mère, il lui est demandé d’être à son école. Il a entièrement confiance en eux, le parent doit donc se garder de ne pas le décevoir. Parfois, même ce que l'enseignant lui dit à l'école nécessite l'approbation des parents. C'est pourquoi la communication à la maison, l'aider à réviser la matière vue en classe et rester toujours près de lui est essentiel pour tout parent.

Chapitre 3. La communication dans le monde actuel

3.1. Sur les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont des outils pour une nouvelle forme de communication. Mais, même s’ils diffusent des informations exactes, ils véhiculent parfois des informations mensongères, erronées ou de haine. Une communication responsable consiste avant tout à explorer des récits, et notamment à promouvoir une critique constructive, tout en évitant la propagation de discours haineux.

À cause de certaines nouvelles déchirantes, de nombreuses personnes se sont retrouvées victimes de ces mensonges. L’actualité déformée, les ragots ou les insultes ne sont pas dignes d’une communication responsable. Ils sont plutôt néfastes pour la vie de la société.

Tout comme une personne peut dépendre du tabac, de l'alcool ou du sexe, certaines personnes se sont montrées addictifs aux téléphones et aux réseaux sociaux. Il y a certes des personnes avisées qui en profitent, car plus votre site web est consulté, plus vous êtes rémunéré. Il y a d’autres qui entretiennent leurs business via l’internet. Si c’est pour des raisons de travail, il y a moins de casse. Mais quid pour ceux qui n’y cherchent que de la distraction ?

Certains sites fonctionnent pour gagner des views, peu importe ce qu'ils disent. On les voit à chaque fois qu'ils publient des titres séducteurs, se répètent à longueur de journée ou exagèrent sur les faits réels et connus. On dirait le retour des sophistes grecs de l’antiquité.

En France, avec juin 2025, ils envisagent d'interdire l'accès à Internet aux moins de 15 ans, car ils ont constaté un taux élevé de meurtres chez les jeunes. Ils pensent qu’ils apprennent tout cela sur ces sites internet. En effet, on y apprend tellement de choses : pornographie, cybercriminalité, plagiat, etc.

3.2. La communication en politique et dans les relations internationales

Une communication diplomatique claire est très utile pour rétablir la paix ou renforcer les relations entre les pays. Mais au sein de la famille aussi, une conversation franche est aussi essentielle. Elle est nécessaire partout et chaque jour. Une communication apaisée, courtoise et surtout fondée sur la tolérance est essentiel entre personnes de cultures, de coutumes et de croyances différentes.

La bienveillance se reflète dans la communication. Les Burundais disaient : « Ubwiza buca mu kanwa » littéralement « La beauté passe par la bouche ». Votre discours caractérise votre style. Le renforcement de la communauté est donc possible grâce à une communication constructive, qui valorise l'interlocuteur.

Apprendre à bien parler devrait donc concerner toute la famille, mais à l'école aussi, on devrait apprendre aux jeunes à bien parler. S’exprimer avec gentillesse confère privilège et respect.

3.3. Le dialogue comme solution aux conflits

Une bonne communication est bénéfique aux relations internationales, à la coopération internationale et à l’entente entre les nations. Elle contribue à prévenir la violence et, surtout, à favoriser l’inclusion sociale.

À l'heure actuelle, nous voyons la Russie, l'Ukraine, le Taïwan, la Chine, l'Iran, l’Israël, la Palestine, les États-Unis…brandir leurs forces. En Afrique, la Somalie, la Libye, le Soudan et la RDC… suivent le rythme des autres pour privilégier le recours à la violence comme solutions aux litiges. 

Le message qu’il faut rappeler à travers cette réflexion  est « La violence est l’argument du faible ». Le dialogue, la communication reste le moyen le plus sûr pour la résolution des conflits entre États, citoyens ou membres d’une famille. Par ailleurs, la communication est et reste aussi le moyen politique de réconciliation.

Conclusion

Que ce soit au sein de la famille ou de la société dans son ensemble, une communication responsable est le fondement d'un monde pacifique, juste, authentique et serein. Elle exige écoute, tolérance et empathie. Cela passe par l'attention à l’autre et un profond désir de comprendre l'autre.

Dans ce monde de plus en plus compétitif, la communication responsable est un puissant outil de transformation sociale. Il incombe à chacun de nous, chaque jour, d'entretenir ce dialogue fédérateur pour construire un avenir meilleur.

Voir les commentaires

Gestion de la sexualité dans un environnement universitaire digitalisé

28 Octobre 2024, 14:23pm

Publié par Theon Tuyisabe

 

Le présent article part d’un milieu universitaire pour entrer dans les méandres de la sexualité, une réalité qui se vit dans un monde changeant, un monde digitalisé et qualifié de modernité liquide par Livio Mélina (2006), professeur émérite à l’Université de Latran.

 

En effet, le monde en général et le milieu universitaire en particulier est en train de vivre une certaine déroute des valeurs morales qui, pourtant constituait les piliers de la vie sociale et humaine. Une course vers le libéralisme semble s’afficher sur tous les plans : Libéralisme économique, libéralisme technologique, libéralisme moral et pourquoi ne pas dire même de libéralisme sexuel.


Dans ce moule de confusion, cet article amorce une réflexion, non pas avec une vision pessimiste de Paul Ricœur qui estimait que la sexualité relevait du mystère mais plutôt penser comme Teilhard de Chardin qui, tout en reconnaissant le caractère mystérieux de la sexualité, invite à l’aborder avec un espoir de comprendre quelque chose.


La gestion de la sexualité a depuis bien longtemps été une préoccupation des éducateurs qui parfois la considérait comme une affaire des sentiments et des émotions. Se marier devient pour certains une réponse à l’instinct sexuel, un instinct naturel que se partage les hommes et les animaux.
Mais justement, l’homme, l’étudiant ou l’éducateur est plus qu’un animal. Il a la raison au point de faire dire à Blaise Pascal que l’homme est un roseau, mais un roseau pensant.

C’est la raison qui rend à l’homme son humanité. Il est donc plus qu’un
animal. Aristote disait que l’homme est un animal politique c’est-à-dire doté de capacité de communiquer et de collaborer avec d’autres hommes.
La sexualité est donc une possibilité offerte à l’homme pour être animal politique, un être en relation avec les autres au sens aristotélicien du terme. Le sexe rappelle la différence qu’il y a avec l’autre, une différence qui ouvre à la complémentarité.


Dans un environnement universitaire, il y a des éducateurs et des éduqués. Il y a des parents, des enfants, des célibataires en âge de se marier, des grands
parents…bref, c’est un univers au vrai sens du terme où se tissent des liens de collaborations, propres à toute société humaine.


Depuis la chute du mur de Berlin, depuis la désintégration de l’Union des
Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) et de son modèle d’économie dirigée, le monde ne cesse d’assister à des changements qui semblent afficher le tableau de l’anti-christ déjà décrié dans l’apocalypse (13,16-18).

De la Déclaration Universelle des droits de l’homme, le monde est passé aux droits de la femme, de l’enfant, des personnes vivant avec handicaps, des minorités jusqu’ au droit à la libre orientation sexuelle. Que réserve ce monde numérisé où pour s’identifier, une puce électronique suffit.


Pour se procurer de l’argent ou faire des achats, la carte bancaire et parfois le téléphone portable règle tout à l’aide du petit doigt glissé sur l’écran d’un I phone qui actuellement permet une reconnaissance faciale, reconnaît les empreintes digitales et même les vibrations magnétiques que chaque homme dégage.

Qu’arrivera-t-il en cas de pane électrique généralisée, pane de connexion, de cyber- attaque ou tout simplement si les données personnelles tombent dans les mains d’un malfaiteur intelligent capable de faire chanter ses victimes? Les états expérimentent déjà les conditionnalités de digitalisation exigés par les institutions de Bretton woods.

Le nouvel ordre mondial tente toujours de fixer comment penser, comment agir, comment gérer l’argent, les biens,…et même comment gérer la sexualité. Le libéralisme économique et technologique conduit sans doute vers le libéralisme moral, et, au nom du respect des droits humains, le monde est envahi par ces nouvelles tendances, ses nouvelles modes, allant de l’obligation à tous de se marier au mariage pour tous.


Libre orientation sexuelles exige, le mariage n’est plus affaire d’(un) homme et d (’une) femme mais tous simplement concerne chaque être humain dans sa singularité selon ses tendances. Bientôt on se mariera avec un rebot, si ce n’est pas déjà fait! L’avortement se définit comme un droit, l’éducation des enfants par ses parents biologiques a perdu sa place prioritaire.

Madame Myriam Daguzan- Bernier, chercheur sexologue pose, sur Radio Canada Ohdio, la question suivante: "Fera-t-on un jour l'amour avec les robots?" Le même article fait état d'un robot sexuel humanoïde qui coûte autour de 3567 dollars américains.

https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/moteur-de-recherche/segments/rattrapage/1834865/est-ce-qu-un-jour-on-fera-amour-avec-robots

Pourtant, selon Théophile Akoha (2007,p.56), « c’est par l’union résultant de la fusion de l’œuf (ovule) de la femme et du germe (spermatozoïde) de l’homme que le père et la mère participent à l’œuvre créatrice de Dieu, et à ce titre, personne d’autre ne peut remplacer l’un des deux; même si ces derniers n’accomplissent pas bien leurs rôles ou refusent leurs tâches». En d’autres termes, ainsi la famille perd de plus en plus son essence.


De la sexualité au mariage.

La définition classique du mariage le présente comme un acte officiel qui institue entre deux époux une communauté de patrimoine et de renommée : la famille, le foyer, le feu, le ménage. Le but de cette communauté est de constituer de façon durable un cadre de vie commune aux parents et aux enfants pour leur éducation.

Dans les sociétés traditionnelles, le mariage est l’alliance politique de deux familles, voire de deux clans. Pour cela, le choix du conjoint revenait aux parents qui devraient s’assurer de l’avenir de la nouvelle famille. On ne se mariait pas par amour, mais cette dernière devrait naître à travers le temps de cohabitation.

L’homme devrait apprendre à aimer sa femme et la femme mêmement.
Cela signifie que la sexualité était au service de la construction de la famille. Nous n’excluons pas l’aspect plaisir qui accompagne tout acte sexuel mais justement le plaisir n’était pas une priorité dans l’acte conjugal au vrai sens du terme.

En effet, depuis son enfance, la femme burundaise par exemple était préparée à la soumission envers son mari. Elle devrait préserver sa virginité pour son homme qui lors du premier rapport sexuel devrait étaler sa virilité en la déviergeant avec violence. Le sang sur la natte était bon signe, manifestait la bonne éducation pour la fille. Mais en réalité, il n’était rien d’autre que l’expression d’une violence conjugale institutionnalisée.

En effet, pour dévierger une fille, le sang ne doit pas nécessairement apparaître ! Le contexte traditionnel burundais ne fait donc pas du rapport sexuel une occasion de plaisir mais plutôt une chance offerte à la femme d’exprimer sa féminité en endurant les souffrances de l’acte sexuel qui vont d’ailleurs se prolonger durant les neufs mois de grossesse, et surtout lors de l’accouchement.


Ceci veut dire qu’on ne choisit pas sa femme ou son mari, on l’accepte. On ne fait pas l’acte sexuel pour le plaisir mais juste pour avoir l’enfant. On n’est pas loin ici des pensées du Moyen-âge de Saint Augustin qui, dans la catéchèse de l’église catholique affirmait que l’acte sexuel est toléré dans le mariage, tout en restant un péché. Cette tolérance qui n’exclut pas l’acte sexuel du péché est donc un mal nécessaire pour avoir un enfant. En fait, Saint Augustin voulait combattre toute idée de recherche du plaisir dans le cadre du mariage, estimant que tout plaisir vient du diable.


Comprendre le mariage aujourd’hui


Aujourd’hui, s’entendrait en ridicule, quelqu’un qui exclurait le plaisir de la sexualité. C’est ici le nœud du problème de cet article. Ce dernier s’adresse aux étudiant(e)s célibataires en train de prolonger leur adolescence, peut-être aussi à quelques uns des éducateurs en quête du (de la) prince (sse) charmant (e).

Le sexe est actuellement au top dans tous les spots, même pour faire la publicité d’un savon, d’une boisson, d’une arme…on poste une jolie dame pour attirer la clientèle. Quel rapport ? Un simple regard sur les mariages qui se célèbrent aujourd’hui laisse penser que le sexe apparaît comme le premier mobile du mariage.

Les jeunes se miroitent avec des images (nudité) ou texto (SAS) envoyés sur WattsApp, snapchat, instagram, linked… et cela suffit actuellement pour se dire qu’on s’aime. Et au nom de cet amour parfois reconnu à la hâte, quelque fois avec des mirages, des hommes et des femmes s’aventurent dans la vie conjugale.


Après un certain temps de vie commune, ils se découvrent des défauts et subitement l’amour prend fin. Les promesses échangées lors du mariage se laissent balayé d’un simple revers de la main pour une petite mésentente, et, parfois, on se demande si cet amour tant chanté a existé ne fut-ce qu’un seul instant. Est-ce que l’amour existe ? Par cet article, l’objectif visé est de promouvoir la compréhension de l’amour de façon à établir le lien entre l’amour et la sexualité.


Amour et sexualité


Il y a un lien fort entre l’amour et la sexualité qui doit se découvrir dès le bas âge. A travers de petites questions telles, d’où vient l’enfant ? Où passe l’enfant lors de l’accouchent ? L’enfant exprime déjà son désir de se comprendre, de comprendre sa sexualité afin de s’intégrer correctement dans la société. Pour cela, il doit être encadré par ses parents, ses tuteurs, professeurs et même par toute la société.

Lacan (1984, p.47) dit que l’enfant apprend de son père la loyauté,
le sérieux, la rigueur et de sa mère l’affection, la tendresse, l’amour. Donc, plutôt que d’avoir honte à répondre l’enfant, l’éducateur ou le professeur doit réaliser qu’il est son ami, son éclaireur. Le parent est le premier confident de l’enfant, et par conséquent, il est interpelé à fournir toute information pouvant permettre l’épanouissement sexuel de l’enfant.


En dehors du cadre familial, l’enfant rencontre les éducateurs qui à leur tour
continuent l’œuvre de papa et maman. Dans une université, le caractère
communautaire est une nécessité. L’enseignant n‘est pas sensé fournir les
connaissances théorique seulement.

En plus d’être éducateurs, il est aussi parent. Il doit aussi dispenser les connaissances humaines aux étudiants. Les lauréats des universités doivent, en plus de posséder les qualités scientifiques requises, avoir une personnalité morale soutenue, être des personnes dignes, ayants les valeurs humaines qui font d’eux des personnes emprunt d’humanité.


Ainsi les relations étudiants-enseignants doivent refléter l’image de la famille où chacun se soucie de l’autre. Néanmoins, ces nouvelles communautés présentent justement des lacunes au niveau de l’éducation sexuelle. Ceci fait que des fois, il s’observe un problème de communication entre étudiants-enseignants voire tout le personnel administratif. Selon Jean Baptiste Bigangara (1987, p.27), au Burundi par exemple, les sujets en rapport avec la sexualité sont traités dans un langage métaphorique où seuls les initiés comprennent ce qui se dit.

Dans ce sens, il se remarque des jargons entre étudiants, des jargons entres professeurs ou travailleurs du même service.
L’amour dans les milieux des jeunes. Des étudiants, adolescents ou des jeunes affirment s’aimer. Par ailleurs, tout le monde veut aimer et tout le monde veut être aimé. La question qui se souligne ici est ce rapport entre l’amour et le sexe. Comment se prouver qu’on s’aime ?

Le sexe et l’amour

Bon nombre de jeunes estiment que sans sexe, pas d’amour. Or, le sexe est une partie du corps qui ne s’utilise pas comme un bras, une main ou une jambe. Il exige un choix conscient car en plus du corps, il fait appel à l’âme. L’usage du sexe dépend d’un choix responsable. Il exige la maîtrise de soi pour pouvoir apprivoiser sa sexualité. Seul le mariage peut l’offrir.

Quand l’homme et la femme se donnent l’un à l’autre par le mariage, ils s’ouvrent à la fécondité en dépassant le simple rapport sexuel. L’amour conjugal entre les époux ne s’épuise pas dans l’acte sexuel qui bien sûr est le lieu où ils deviennent pleinement une seule chair, il s’ouvre aussi à la transmission de la vie.


Ce n’est donc pas l’acte sexuel qui prouve l’existence de l’amour mais plutôt l’amour se vit comme une communion avec l’autre. L’homme est fait pour être en communion avec l’autre, et l’autre de l’autre sexe. L’homme n’est pas la moitie de la femme et la femme la moitie de l’homme. Chacun est unique et répond de son acte. Toutefois, ce qui caractérise l’homme c’est d’être un être humain orienté vers l’être humain de l’autre sexe. L’homme a besoin de savoir la vérité et pour cela, il a besoin de sortir de lui-même. Ce besoin est un besoin d’amour.


Les implications existentielles de la gestion de la sexualité.

La sexualité mal gérée peut entraîner des problèmes énormes tant du côté de la fille, du garçon ou de la société. Nous pensons ici aux problèmes qui affectent l’étudiant(e) dans sa vie estudiantine, les travailleurs de l’université et l’université en général.

Un(e) étudiant(e) qui ne vit pas correctement sa sexualité peut subir des distractions surtout à l’aide de son téléphone qui le place en communication direct avec des personnes peu recommandables. Notons les facilités qu’offrent certaines applications des i phones dans le détournement de l’attention des étudiants en classe et l’amour se vie de plus en plus dans le virtuel.


Plusieurs fois des étudiant(e)s préfèrent chater en pleine leçon, dans les bus ou en cours de route. Des cas d’accidents sont signalés suites à ces distractions, une mauvaise communication se fait observer dans pas mal de famille où les jeunes sont tout le temps occupés avec leurs wattsApp au risque d’oublier de faire l’essentiel, entre autre leurs TP, TD ou études.


Ces distractions mettent les étudiant(e)s dans un mode virtuel, tout le temps en train de s’envoyer des texto même à des inconnus. Ils se mettent parfois dans des situations peut confortables en nouant des amitiés avec des personnes dangereuses. La sexualité ainsi gérée met l’étudiant(e) en danger permanent, avec risques d’aventures sexuelles qui peuvent entraîner grossesses précoces, indésirées, viol ou violence sexuelle.


La mauvaise gestion de la sexualité peut affecter la relation étudiant (e)-enseignant(e) qui, au lieu de se considérer comme éducateurs et éduqués peuvent se lancer dans des aventures sexuelles avec les risques des notes sexuellement transmissibles, l’autre nom de la corruption.

Ils y en a qui se disent qu’à l’université on est majeur. Mais en réalité, quelque soit l’âge de l’étudiant(e), ses relations avec son éducateur doivent suivre l’orientation verticale et non horizontale. Le professeur n’est pas un collègue pour l’étudiant(e) mais plutôt un parent.


De même, les relations entre les étudiants, même si elles ont un sens horizontal ne devraient sombrer dans la confusion de l’amour conjugal. Les étudiant(e)s d’un même amphithéâtre sont des frères et sœurs. Un étudiant garçon bien équilibré ne doit pas avoir honte de dialoguer avec sa collègue de sexe féminin et inversement, plutôt ils doivent se sentir libre ensemble, détendus comme il se fait à la maison.

S’asseoir ensemble (filles-garçons) dans l’amphithéâtre n’est pas une occasion de se fiancer, mais plutôt une occasion de travailler ensembles et s’enrichir mutuellement, chacun selon ses compétences. L’environnement universitaire est donc un cadre de rencontre de l’autre, d’enrichissement mutuel. On apprend à se supporter, à se respecter et à s’apprécier.


Si la sexualité n’est pas bien vécue et que les relations entre étudiant(e)s ou entre professeurs-étudiant(e)s ne sont pas basées sur une sexualité bien équilibrée, l’Institution peut se voir fragilisé. En cas d’abandon, d’échec ou de faible taux de réussite, l’institution perd sa crédibilité et risque la faillite. La sexualité bien vécue constitue donc la garantie de la réussite pour toute institution humaine.


Nécessité d’un service social pour les universités


L’environnement universitaire comprend les étudiant, le personnel enseignant, les administratifs et les voisins. Tous voudraient vivre dans un climat qui favorise collaboration, entraide et soutient. Le bénéficiaire de l’institution a besoin d’être accueilli et accompagné convenablement dans chaque service qu’il sollicite.


Ceci n’est pas possible en cas de conflit ente les collaborateurs. Les conflits vécus à la maison ou au service affectent les rendements et créent un désagrément. Vivre correctement sa sexualité devient donc un tremplin pour une bonne communication. Nous pensons qu’en organisant régulièrement des sessions de réflexion en matière de cohabitation pacifique pour les membres d’une même institution, tous en âge d’activité sexuelle, constitue un avantage et aide chacun à se connaître et à connaître les autres pour les servir.


Par Théon Tuyisabe
Enseignant-Chercheur

à

l’Université des Grands Lacs

Références
1. AKOHA, T. (2007). Amour et sexualité. Rome: Giovanni.
2. LACAN, J. (1984). Les complexes familiaux dans la formation de l’individu. Paris: Navarin.
3. BIGANGARA, J.B. (1987). Pour une anthropologie du mariage et de la famille traditionnelle au Burundi. Bujumbura : Lavigerie
4. Mélina, L. (2006). Conférence à l’Institut Jean Paul II sur le mariage et la famille. Cotonou

Voir les commentaires

Publié depuis Overblog

2 Septembre 2024, 14:26pm

Publié par Theon Tuyisabe

L'homosexualité, une maladie ou un comportement

Nouvelle édition de 2024 qui reprend l'article du3 Mars 2009, 17:30pm

Publié par Basenya

       La classe politique burundaise est préoccupée ses derniers temps par quelques phrases qui se sont glissées dans le projet de loi portant sur le nouveau code pénal au Burundi. Cette affaire apparemment banale s'est introduite dans le monde juridique comme une nouveauté et pourtant dans le monde des psychologues, elle est vieille comme l'humanité. Tellement vieille qu'on la retrouve même dans la Bible.


      Malheureusement si une affaire d'homosexualité comme comme telle  apparaît dans l'assemblée nationale, ce n'est plus l'affaire des pasteurs et des prêtres. Les arguments religieux s'entendent comme une prière et n'engagent que ceux qui la récitent.
      Dans ce contexte des droits de l'homme, chacun réclame ou exige le droit de vivre comme il veut, et pour ceux qui ne sont pas d'accord, il leur est demandé de respecter le droit à la différence.  Mais alors, faut-il légaliser le droit à l'homosexualité ou pénaliser les homosexuels?


      Le parlement burundais s'était pressé pour la deuxième option, ouvrant ainsi une série de critiques de la part des bailleurs et des institutions internationales. L'affaire a fait peur dans les milieux politiques burundais comme quoi le robinet risque de se fermer tandis que dans le monde paysan, c'est la fin du monde qui s'annonce. En effet, dans ce pays de plus de 90% de chrétiens plus ou moins pratiquants; autoriser ce que la Bible rejette implique famine, sécheresse, fléaux, désolation....Bref Dieu se doit de châtier pareil comportement.


      Mais au fait, l'homosexualité est-il un comportement ou une maladie?
Les anciens dictionnaires pyschopathologiques la définissent comme maladie due à un dysfonctionnement dans le passage de divers étapes prévues dans le processus de développement de l'être humain. Mais pour des besoins d'ordre surtout politique, cette définition a été actualisée sinon remplacée. Actuellement, l'homosexualité est un mode de vie, un comportement.


      Il s'en suit que ce comportement, dès que jugé ainsi, cherche à s'imposer, parfois en passant par nos repères sociaux: les stars, les hommes de poigne.... et voilà ce comportement se présente comme normal.
      Les sénateurs burundais, embarrassés se sont refusés de punir les homosexuels. L'observateur moins avisé dirait qu'ils n'ont pas apprécié ce problème à sa juste valeur ou alors qu'ils l'ont minimisé. Hélas, je ne le crois pas.


       Certaines langues croient par contre que ces derniers ont été malins en ne se prononçant pas sur cette affaire, étouffant ainsi ne fût-ce que pour un temps le mouvement de plus en plus bruyants des homosexuels. Malheureusement la première bataille fait partie du lots des butins auxquels ces derniers aspirent entre susciter le débat.
       Faut-il s’acharner contre les homosexuels pour les mettre en prison ou à l'hôpital. La question mérite plus d'attention. A mon humble avis, ceci est une affaire qui dépasse le monde des juristes si l'on veut pour éviter l’inévitable bras de fer avec le monde occidental.


        Un travail de haut niveau impliquant les psychologues, les hommes d'église, les sociologues, les juristes et les Bashingantahe( =les sages du Burundi) mérite d'être fait pour arrêter des stratégies nécessaires pour régler ce phénomène sociétal nouveau.

La culpabilisation est une voix applicable aux hommes normaux. Par contre, toute maladie mérite d'être soignée. Quinze ans après la première publication de cet article, force est constater que considérer les homosexuels comme des malades potentiels peut attirer à celui qui le pense et le dit. Maintenant que doit on penser d'eux? Et, que faut il faire? Au moment où l'Occident fait tout promouvoir le mouvement tandis que l'Afrique et les pays en voie de développement sont plus convaincus que jamais qu'il faut le stopper par tous les moyens même s'il faut passer par la criminalisation impliquant des mesures pénales.

Dans ces mêmes régions, le croyant chrétien et musulman pour ne mentionner que les deux, persiste à les considérer comme les damnés de Dieu le Créateur. L'ironie du sort fait que les mêmes individus, je veux dire ceux qui partagent la croyance chrétienne et en partie musulmane en Occident se sentent en grande majorité confortable avec ce qu'on a baptisé mouvement LGBTQ!

Encore une fois qui a tort et qui a raison?

Théon TUYISABE
Spécialiste en Sciences du Mariage et de la Famille
Professeur à l'Université des Grands Lacs

Voir les commentaires

 
 

Voir les commentaires

La famille selon le dessein de Dieu

24 Mai 2023, 07:59am

Publié par Theon Tuyisabe

Conférence à l’Aumônerie des Intellectuels et Hauts cadres Catholiques, Secteur Justice,

CELFV, 19 Mai 2023. Par Théon TUYISABE(1)

 

Introduction et cadre méthodologique.

La famille est une structure qui peut être analysée sous plusieurs angles. Comme membre de la commission diocésaine chargé de la pastorale du mariage et de la famille, la présente communication s’organise en fonction d’une ligne académique qui n’a rien de juriste même si l’auditoire est rempli de juristes.

En effet, l’approche sur le mariage et la famille est multidisciplinaires. En 1993, l'Assemblée générale des Nations Unies, dans sa résolution A/RES/47/237, a proclamé le 15 mai de chaque année Journée internationale des familles(2), afin de mieux faire connaître les questions liées à la famille et d’accroître la connaissance des enjeux sociaux, économiques et démographiques qui les affectent. Déjà en 1981, le pape Jean Paul II avait créé l’institut pontifical pour les sciences du mariage et de la famille pour promouvoir la recherche théologique sur le sujet en s’appuyant sur les sciences humaines.

Pour ce prélat de l’église catholique, intellectuel et savant par ailleurs sous le nom de Karol Wojtyla, la réflexion sur le mariage et la famille a souffert des émotions et sentiments qui l’ont empêché de décoller à un niveau supérieur. Pourtant, les sciences humaines peuvent lui servir de tremplin pour une bonne réflexion d’allure académique(3).

Cette communication mélange les approches sociologiques, philosophiques, anthropologiques, théologiques et même juridique sans se réclamer de telle ou telle approche exclusivement. L’argumentaire ne se réclame d’aucune spécialité, mais la communication mise sur la complémentarité des approches sans devoir dénaturer l’identité de chaque science. Par ailleurs, aujourd’hui, plus que jamais, la pluridisciplinarité est plus que nécessaire pour comprendre les phénomènes aussi complexes que le mariage et la famille.

Le thème « la famille selon le dessein de Dieu » se structure en trois points : D’abord il fixe un sens pour aller du mariage à la famille et non l’inverse, ensuite il présente le mariage comme institution divine et enfin il évoque la famille selon le plan de Dieu

  1. Du mariage à la famille

Entre le mariage et la famille, un penseur libre pourrait se demander la même question qu’Aristote se pose sur la causalité(4). Entre la poule et l’œuf, entre la famille et le mariage, qui entraine l’autre ? La poule peut pondre l’œuf ou l’œuf peut donner le poussin qui évoluera en poule, Aristote n’a pas tranché.

Mais pour le rapport mariage-famille, il est dangereux que la famille donne le mariage. Un mariage de fait augure les problèmes familiaux à venir. L’éthique voudrait une famille fondée dans un cadre de mariage et non l’inverse, même si c’est apparemment le quotidien de notre nouvelle mode de vie. D’un mariage librement consenti naît la famille stable.

Ce point veut partir de la sexualité humaine pour évoluer vers l’amour, un amour qui, dans le monde actuel constitue le fondement du mariage chrétien.

    1. De la sexualité humaine à la relation

Chaque homme, puisse-t-il être asiatique, océanien, européen, Américain ou africain se découvre toujours avec un sexe, masculin ou féminin. Avoir les deux sexes ou n’en avoir pas un constitue une anomalie. Le sexe, mon sexe est une fenêtre pour reconnaitre l’autre qui n’est pas comme moi.

Dès le stade phallique, le sexe constitue un espace d’attention chez l’enfant et sa découverte ouvre une curiosité qui l’accompagnera jusqu’au jour du mariage(5). Ce désir de connaitre l’autre crée un élan, une attraction envers l’autre, surtout l’autre de l’autre sexe. La sexualité est donc une occasion offerte à l’homme pour aller vers l’autre, entrer en relation avec lui.

    1. Des relations humaines à l’amour

La relation avec l’autre prendra autant de forme que l’on veut, selon la nature de la relation. C’est par exemple une relation de travail, de camaraderie, d’affaire ou carrément d’amitié, d’amour.

Parlant de l’amour, les grecs en ont dénombré quatre types d’amours : Le stergein, le philein, l’eran et l’agapan. Le stergein est une relation de filiation, un amour entre un enfant et ses parentés. Le philein est un amour qui reste dans l’abstrait au moment où l’éros se fixe sur les instincts.

Les trois types d’amour ne sont pas adaptés à l’amour de l’homme et de la femme dans le cadre du mariage même si parfois ils se manifestent. C’est en réalité l’amour agapè, considéré comme don total de soi à l’autre, qui permet la création de l’unité duel applicable dans le cadre d’un mariage chrétien(6).

    1. De l’amour au mariage

L’amour n’est donc pas fait pour se dépenser et se perdre dans l’espace. C’est une occasion de rencontre du « je » et du « tu » pour la formation d’un « nous »(7). Au sujet de la procréation, le concile Vatican II affirme que « c’est par nature même que l’institution du mariage et l’amour conjugale sont ordonné à la procréation »(8). L’amour constitue le fondement du mariage chrétien. L’homme et la femme décident par amour de mettre ensemble leur projet de vie. L’un se donne à l’autre. Il donne son cœur et son corps, ils mettent ensemble leurs êtres et leurs avoirs(9).

Au fond, le mariage n’est pas simplement une affaire humaine. L’« amour » qui le fonde contient en lui quelque chose qui le dépasse pour faire dire à Benoit XVI « Deus caritas est »(10) : « Dieu est amour » comme pour dire « Amour est Dieu ». Le mariage dépasse la simple initiative humaine. C’est une institution qui n’est pas comme les autres pour être uniquement gérée par les hommes. Il permet à l’homme de participer à la création. L’amour associe l’humain à Dieu par le mariage.

  1. Le mariage comme institution divine

Si on peut parler de famille des fourmis, famille des arbres ou même des familles de pierres, on ne peut tout de même évoquer le mariage que pour les humains. C’est une institution en tant que organisation qui regroupe les hommes crées à l’image de Dieu.

    1. Fondement biblique du mariage

Parlant de l’origine de l’homme, le livre de la genèse nous dit qu’au sixième jour: « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme »(11). De ce verset, il apparaît que c’est Dieu Lui-même qui a voulu cette différenciation sexuelle. Il a créé l’homme et il a créé la femme. L’un a été fait pour l’autre. Lorsque Dieu s’exclame : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul »(12), le mariage retrouve son fondement en Dieu lui-même qui crée tout. Le mariage a été voulu par Dieu.

Dans Genèse 2:24, Ephésiens 5:31 et Mathieu 19:5, il est dit: « C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair? »(13)

Finalement, toute la bible parle ainsi de la relation d’amour entre Dieu et les hommes, mais cette relation se rend présent dans l’amour entre les hommes eux-mêmes.

L’encyclique familiaris consortio le rappelle en disant : « Voulus par Dieu en même temps que la création, le mariage et la famille sont en eux-mêmes destinés à s'accomplir dans le Christ et ils ont besoin de sa grâce pour être guéris de la blessure du péché et ramenés à leur «origine», c'est-à-dire à la pleine connaissance et à la réalisation intégrale du dessein de Dieu »(14).

    1. Interprétation théologique du mariage

Le sacrément de mariage constitue une visibilité de l’amour trinitaire, officialité par l’amour du christ à son église sur la croix et que chaque couple chrétien est appelé de vivre d’une façon visible dans la vie sociale

Dans la relation trinitaire, le Père engendre le Fils. Il se donne en son Fils. Il donne son amour. Et ce don donné, qui est son esprit constitue la troisième personne : l’Esprit Saint. C’est cette circularité d’amour que Jésus a révélé sur la croix quand il accepté de mourir par amour.

Jésus s’est donné complètement, il a donné son dernier souffle à celui qui le lui avait donné en disant : « Père, je remets mon esprit entre tes mains»(15)

Cet amour du christ à son église, Saint Paul l’a justement comparé à l’amour homme-femme. Dans la lettre qu’il a écrit pour les Ephésiens, quand il disait : « Maris, aimez vos femmes, comme christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle »(16).

Le mariage est donc l’exercice humaine de traduire cet amour du christ qui puise sa source dans l’amour trinitaire. Le mariage est par amour, un amour qui n’est pas simplement humaine, mais un amour sacrement c’est-à-dire un amour qui rend concret l’amour trinitaire.

L’homme et la femme marié sont, de part ce sacrement, prié de traduire dans les faits l’amour don total favorable à la communion entre les hommes.

    1. Du mariage terrestre au mariage eschatologique

Dans son ouvrage « voyage vers la sagesse », Gassendi(17) présente justement l’amour entre l’homme et la femme comme un projet, un voyage vers la sainteté. Pour lui, l’homme qui se rapproche de sa femme se rapproche de Dieu. Inversement, l’homme qui s’éloigne de sa femme s’éloigne de Dieu.

Plus l’homme et la femme se rapprochent, ils se ressemblent. Au finish, quand ils seront un, ils pourront entrer dans le mariage eschatologique. Ce mariage qui unie le couple à Dieu, au christ, prévu à la fin des temps, c’est le mariage que les religieux et religieuse expérimentent déjà.

Nous aspirons tous à cette vie de la fin des temps où nous vivront en Dieu et Dieu en nous. A cette époque, moi et mon épouse feront un avec Dieu. Nous vivrons en lui et lui en nous dans un mariage eschatologique, au ciel.

En ce sens le mariage contient également, en tant que sacrement, le germe de l'avenir eschatologique de l'homme: "A la résurrection ... on ne prend ni femme ni mari"(18) ; toutefois, même ceux qui "sont pareils aux anges et ... sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection"(19) doivent leur propre origine dans le monde visible temporaire au mariage et à la procréation de l'homme et de la femme(20).

  1. La famille selon le plan de Dieu

Peut-on affirmer, se demande Maurice Nédoncelle(21), que la rencontre entre l’homme et la femme est un fait du hasard ou la résultante des initiatives simplement personnelle, ou encore, peut-on dire qu’elle vient d’une force qui est d’ailleurs ?

Cette question a été objet de réflexion sur l’éthique de l’amour. Comme réponse, il dit que la communion spirituelle de l’homme et de la femme est suscitée dans la stabilité par une force qui vient d’ailleurs, de l’absolu.

Poétiquement, il dit que si l’amour est un fleuve, sa stabilité n’est maintenue que dans sa source qui est la référence et qui est le véritable amour. Pour Nédoncelle l’amour qui crée la communion spirituel est un amour qui vient de Dieu qui la suscite, l’alimente et en garanti la continuité(22).

En amour, il n’y a pas le moi sans toi, le toi sans moi et il n’y a pas le moi, toi sans le nous. Mais aussi, il n’y a pas le nous sans le Dieu.

Le mariage est donc une insertion de l’homme et de la femme dans un plan concocté par Dieu. Lors de l’échange des consentements de mariage, la formule utilisé à l’église catholique est pour cette raison : « Moi…..je te reçois….comme époux/épouse et je te promets de te rester fidèle….. »(23)

Le verbe « recevoir » utilisé dans la formule est donc témoins de ce plan de Dieu dans lequel l’homme ou la femme entrent pour créer la famille. L’homme ne se choisit pas une femme, il la reçoit de Dieu. De même, la femme reçoit l’homme que Dieu a préparé pour elle avant la nuit des temps.

    1. Nature du contrat de mariage chrétien

Pour contracter le mariage, il faut passer par trois étapes complémentaires qui s’opèrent respectivement devant les parents, devant l’officier de l’état civil et devant Dieu.

Le contrat en famille n’est pas généralement signé à l’aide d’un stylo. Il s’agit d’une entente selon les normes coutumières et chaque société s’organise selon sa tradition. Généralement c’est l’occasion de s’offrir des cadeaux entre parent. La nature et la valeur de ses cadeau dépend de l’entente entre les deux familles(24).

Pour le contrat à l’Etat civil, chaque pays dispose d’une législation propre à lui, les contractants sont invités à connaitre les termes du contrat avant de les signé, ce qui n’est pas toujours évident au Burundi. Il n’est pas rare de remarquer que les stress liés aux cérémonies de mariages priment parfois sur l’importance du contrat. Quoi qu’il en soit, « nul n’est censé ignorer la loi », la signature garde sa valeur dès que vous finissez de l’apposer.

A l’église catholique, la spécialité du contrat de mariage est que contrairement aux deux précédents contrats qui impliquent deux contractants, ici il y a trois contractants : l’homme, la femme et Dieu

Le véritable contrat se joue à l’heure de la consécration. A cette occasion, l’homme et la femme offrent leur amour à Dieu via les offrandes que l’officiant présent à Dieu. Quand le pain et le vin se transforment en corps et sang du christ, l’amour de l’homme et de la femme se transforment en amour que le christ a aimé son église, l’amour trinitaire.

A Cet instant, l’homme et la femme ne sont plus lié par leur propre amour mais plutôt, ils sont liés par le Saint Esprit. Dieu vient dans leur relation et s’y installe pour toujours. Il fait de leur union une unité indissoluble. Par ce contrat, l’homme et la femme sont invité à vivre un amour que seul la mort peut dissoudre. Ainsi se réalise ce que jésus a proclamé: « Ce que Dieu a uni, que personne ne le sépare »(25).

    1. Importance du foyer et de la vie familiale

Dieu lui-même a établi le foyer familial pour le bien de l’humanité. Lorsqu’il créa Adam et Ève, il les a unit par le lien sacré du mariage, leur enjoignant de fructifier, de multiplier et de remplir la terre. Ainsi a-t- il institué la première famille humaine, le premier foyer(26).

Toute la structure sociale de l’humanité repose sur l’unité de la famille. Et la maison, le lieu d’habitation est le lieu fort et le refuge. Le foyer est le rempart de la nation. Il est la base de tout l’édifice de la civilisation. S’il disparaît, la nation disparaît ; car elle n’est qu’un ensemble d’individus liés dans une relation de famille(27).

L’importance du foyer et de la vie familiale impose la nécessité de la protéger contre les défis qui la hantent. C’est un travail de l’Etat, de l’Eglise, des associations et des individus eux-mêmes bénéficiaire de cette structure aux origines divines.

    1. Défis de la famille et sa protection

Plusieurs défis aux origines variés menacent la famille. Elle est au bord de sa ruine. En effet, les courants mondialistes avec la nouvelle éthique mondiale constituent une menace sérieuse contre la famille. Le relativisme éthique qui en résulte fait que la structure familiale perd de plus en plus ces piliers.

De la femme qui se réclame le statut d’égal à l’homme, les enfants qui brandissent leurs droits au mépris de leurs devoirs familiaux, l’humanité assiste à la monté des antivaleurs et personne ne semble résister dans ce contexte où les cultures faibles sont envahis par les pratiques dominantes, à la mode mais peu orthodoxe.

Sans politique familiale claire, sans les lois actualisées et adaptées aux réalités actuelles, la famille (la nation) est en danger. En effet, la famille est la cellule de base de la société (de la nation).

Estimée autour de 12 millions en 2019, il a été prouvé que la population burundaise ne cesse d'aller crescendo. Et d'après les projections de l'ISTEEBU, actuel Institut National de la Statistique du Burundi, ce nombre sera doublé en 2050. Normal pour un pays qui affiche un taux de croissance de 2,4 % et un taux de fécondité de 5,5 enfants par femme selon cette même institution(28)

 

Ce boom démographique risque de freiner le développement du Burundi, si la famille n’est pas prise en compte dans les stratégies adoptées. La politique familiale doit être maitrisée, le taux de croissance de la population harmonisé avec le taux de croissance économique.

Le recensement Général de la Population, de l’Habitat, de l’Agriculture et de l’Elevage en cours offre une chance inouïe pour une élaboration d’une politique familiale sur laquelle compter pour mettre en œuvre «la Vision Burundi Pays Emergent en 2040 et Développé en 2060 »(29) selon les recommandations du Forum national sur le développement du Burundi tenu en Avril 2023

Nous avons une bonne constitution qui a donné une place de choix à la famille. Nous avons le code des personnes et de la famille et d’autres codes et lois.
Mais les textes d’applications, notamment par exemple les lois sur les successions qui puissent gérer les litiges économiques en famille maquent, autant pour les femmes que pour les hommes

Il s’observe encore des décisions politiques qui font fi de la famille, notamment lors des redéploiements des travailleurs sans tenir compte de leurs liens conjugaux ou le refus de mutation pour cause de regroupement familiale.

Le célibat géographique forcé pour cause de travail ne peut qu’entrainer des infidélités et risques de divorces. Dans toute décision politique, la prise en compte de l’intérêt de la famille devrait être considérée. Et là où il n’y a pas de loi, le législateur devrait s’y pencher pour protéger la famille.

C’est le cas des congés à considérer pour l’intérêt de la famille, la prise au sérieux des litiges familiaux et l’organisation adéquate des fêtes impliquant les familles et leurs membres

Quoi qu’il en soit, Dieu reste aux commandes !

Les stratégies pour sauver la famille s’invitent de soi. Par ailleurs, s’il fallait s’en tenir aux contrats signés lors de nos mariages, rien ne nous assurerait de retrouver notre conjoint ce soir. Grace à dieu, nous sommes toujours ensemble et nous resterons ensemble.

Les deux conférences qui suivent, je l’espère, vont encore raviver en nous les assurances d’une possible vie en famille sur base de la loi. Les défis de la famille peuvent effectivement trouver réponse en droit canonique d’une part ou simplement, d’autre part, la protection de la famille peut compter sur le droit positif burundais.

Conclusion

Pour terminer, devrions-nous retenir qu’on va du mariage à la famille et non l’inverse, que la sexualité nous ouvre aux relations dont la meilleure des relations est l’amour.

C’est l’amour qui fonde le mariage, un amour qui vient de Dieu. La bible en parle et les interprétations théologiques du mariage débouchent sur le mariage eschatologique pris comme finalité du mariage terrestre.

Tout mariage relève donc du plan de Dieu et c’est pourquoi le contrat de mariage implique aussi Dieu. C’est cela qui donne l’importance au foyer et à la vie familiale.

Cette famille a besoin d’être protégé contre les défis qui la menacent de part et d’autre, notre conviction et qu’est peut et qu’elle doit survivre.

Puisse Dieu protéger la famille en général et la famille africaine en particulier !

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ET WEBOGRAPHIE

(1) TUYISABE Théon est formé en Philosophie à l’Université Nationale du Bénin (actuel Université d’Abomey Calavi), spécialisé en sciences du mariage et de la famille de l’institut pontificale Jean Paul II de Latran (Branche de Cotonou). Depuis 2007, il enseigne en permanence à l’Université des Grands Lacs, UGL en sigle et donne les cours de philosophie, Ethique et logique. De 2010 à 2022, il a été directeur de l’Ecole la Clairière du Burundi sis à Mutanga-Nord. Il est actuellement Président du Collège des Philosophes du Burundi et Vice-Président de Special Olympics Burundi. Depuis 2013 il est membre de la Commission chargée de la pastorale du mariage et de la famille dans l’archidiocèse de Bujumbura.

(2) https://www.un.org/fr/observances/international-day-of-families

(3) Karol Wojtyla cité par Philippe Kinkpon, « Dogmatique du mariage et de la famille.» Cours inédit 2004-2005, p. 5

(4) Brunet, Louis. « La genèse de la connaissance selon Aristote1.» Dialogue: Canadian Philosophical Review/Revue canadienne de philosophie 21.2 (1982): 273-291.

(5) Irigaray, Luce. « Psychanalyse et sexualité féminine.» Les cahiers du Grif 3.1 (1974): 51-65.

(6) Ide, Pascal. « La distinction entre éros et agapè dans Deus caritas est de Benoît XVI.» Nouvelle revue théologique 128.3 (2006): 353-369.

(7) Maurice Nédoncelle, « Conscience et logos.» Epi, 1963

(8) https://www.cairn.info/revue-d-ethique-et-de-theologie-morale-2018-1-page-41.htm

(9) La législation burundaise ne dispose pas la loi sur les successions. De ce fait les Burundais contractent leur mariage, très souvent dans l’ignorance du régime matrimoniale qui les engage

(10) Benedicto, X. V. I. « Deus caritas est.» (2006).

(11) Gn1 :27

(12) Gn2 :18

(13) Genèse 2:24 Ephésien 5:31 et Mathieu 19:5

(14) Pape Jean Paul II, l’encyclique « familiaris consortio. » Numéro 3, alinéa 3

(15) Lc 23 :46

(16) Eph 5 :25

(17) Sribnai, Judith. « Pierre Gassendi: le voyage vers la sagesse (1592-1655).» Les Presses de l'Université de Montréal, 2017.

(18) Mt 22,30

(19) Lc 20,36

(20)https://www.theologieducorps.fr/tdc/tdc-102-mariage-sacrement-saccomplit-en-perspective-de-lesperance-eschatologique

(21) TUYISABE T., « Ethique sociale.» Cours inédit, UGL, 2022-2023

(22) Hayen, André. « Maurice Nédoncelle, Vers une philosophie de l'amour et de la personne.» Revue Philosophique de Louvain 56.50 (1958): 328-332.

(23) AMATO, Stéphane. « Le rite du mariage catholique: un contexte communicationnel engageant et instituant.» ESSACHESS–Journal for Communication Studies 15.2 (30) (2022): 213-232.

(24)http://familleafricaine.over-blog.com/2018/01/celebration-du-mariage-au-burundi-a-l-est-du-congo-et-au-kenya.html

(25) Mc 10 :1-12

(26) (Gn. 1:27, 28).

(27) https://www.bibliquest.net/Auteurs_divers/RKC-Foyer_chretien.htm

(28)https://www.isteebu.bi/wp-content/uploads/2020/05/Projections-d%C3%A9mographiques-2010-2050.pdf

(29)https://forum-developpement.bi/upload_programme/Vision_BDI%202040_2060.pdf

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Les freins au développement durable dans les familles burundaises post coloniales : Quelle leçon faut-il tirer de l'Allemagne?

7 Janvier 2023, 19:36pm

Publié par Theon Tuyisabe

Le classement annuel de la FMI et la Banque Mondiale pour l’année 2022 place le Burundi à la tête des pays les plus pauvres. Depuis l’indépendance, son économie peine à prendre les rails et finalement, le Burundi est devenu une référence des freins au développement durable, si l’on s’en tient du moins aux indicateurs considérées par ces institutions de Bretton Woods. Les individus, les familles et toute la communauté sont naturellement affectés par cette pauvreté.

 

Selon les estimations de la banque mondiale, 75 % de la population burundaise vivait sous le seuil de pauvreté en 2020. L’ISTEEBU, actuel Institut National des Statistiques du Burundi (INSB) affirme, d’après ses études que 40 % de la population burundaise mangent à peine un repas par jour. En 2022, le Burundi est classé en 130e position pour l'indice mondial de l'innovation.


Pourtant, au niveau de la croissance démographique, le Burundi impressionne avec une courbe ascendante qui promet le doublement de sa population en 2050.

Paradoxalement, la croissance économique peine à suivre le rythme de la démographie. Elle était de 2,1% en 2022, et c’est un taux qui est loin de satisfaire les objectifs pour le développement durable de 2030.

 

Schématiquement, le Burundi fait un pas en avant et deux pas en arrière en matière de développement économique. Le narratif du politique quant à lui a toujours été et ce, depuis l’indépendance celui d’une satisfaction sans mesure des projets réalisés. C'est le discours constant des chefs d’État à chaque fin d’année.

 

La courbe ci-dessous sur la croissance de la population se passe de tout commentaire.

 

Les chutes spectaculaires qui sautent aux yeux sur cette courbe correspondent aux périodes des crises et d'insécurité majeurs comme celles de 1972-1973 et 1993 et après. Pendant ces périodes le Burundi a perdu une tranche importante de sa population jeune et productive. Selon les estimations des uns et des autres, on parle de centaines de milliers voir plus d'un million de citoyens, arrachés au travail et sur le champ des travaux de développement dans tous les domaines et ce, dans un laps de temps.

 

Ces événements ne se sont pas produits au compte-goutte, non, ils se sont produits d'un trait stoppant net les efforts de développement par endroits ou les handicapant sensiblement. A chaque fois, le pays a eu du mal à se relever pour des raisons compréhensibles : D'un coup le pays s'est à chaque fois retrouvé avec des vieux et des enfants incapables de se prendre en charge eux-mêmes et pas du tout à même d'embrayer efficacement sur les efforts de développement.

 

La courbe démographique dans les pays développés comme l'Allemagne n'est pas comparable à celle du Burundi, non pas seulement parce que la moyenne d'enfants par couple est de 1,5 en Allemagne contre plus de 6 au Burundi mais aussi parce que les deux pays diffèrent sur beaucoup des points de vue.

 

 

La courbe en vert montre les naissances et l’autre en bleu les décès. La période de 1968 à 1975 témoigne de l’effondrement de la fécondité. Après 1997, c’est le tarissement du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants, avec maintien d’une faible fécondité. Entre les deux, une baisse assez importante se produit de 1990 à 1995, liée à l’absorption de l’ancien Allemagne de l’Est qui s’aligne rapidement sur la très basse fécondité ouest-allemande.

 

Les deux pays (Burundi-Allemagne) ont visiblement de nombreuses bouches à nourrir, qui ne travaillent pas. Pour l’Allemagne, c’est plutôt les personnes âgées qui bénéficient des rentes de survie et leurs contributions aux frais de la retraite, tandis qu’au Burundi la très grande majorité de bouches à nourrir est constitué de jeunes.

 

En Allemagne où une personne sur quatre (¼) est à la retraite, on peut dire aisément que quelque part les jeunes entretiennent les vieux, en partie par leurs impôts. Le nombre de jeunes productifs n'augmentant pas vite en raison d'un taux de natalité très faible, les allemands sont obligés de travailler jusqu'à l'âge de la retraite qui est fixé à 67 ans. Ils ont besoin de jeunes gens pour travailler d'où la politique favorable à la migration.

 

Le Burundi, lui a énormément de bouches à nourrir au point que la force productive n'est pas à même d'y parvenir. Le marché du travail, très étroit et peu diversifié, n'arrive pas à embaucher ceux qui sont en âge de travailler. 45,52% de la population burundaise ne dépasse guère l’âge de 14 ans. Parmi les bouches à nourrir, il y a les mineurs, les vieux et les chômeurs qui sont tous dépendants de ceux qui gagnent quelque chose, un parent ou une parenté lointaine!

 

Sans devoir dévaler les montagnes pour aller voir les familles de la campagne qui n'arrivent pas à joindre les bouts du mois et encore moins envoyer leurs enfants à l'école, il suffit de visiter les foyers de la capitale et compter le nombre de bouches à nourrir dans chacun d'entre eux. Ici encore une fois les parents ne bénéficient d'aucun appui financier pour élever leurs enfants. Les vieilles personnes mêmes celles qui ont exercé de hautes fonctions lorsqu'elles rentrent à la retraite deviennent aussi impuissantes comme leurs congénères qui n'ont jamais exercé une fonction rémunératrice. Elles sont également dépendantes de leurs enfants, pour ceux qui en ont ou vivent misérablement.

 

Ah ! Oui le marché du travail étant exigu, plus le manque de capitaux qui pourraient permettre de créer de nouveaux marchés, la recherche du travail a poussé les politiques à fixer l'âge de la retraite à 60 ans ! A cet âge, beaucoup n'ont pas d'enfants en âge majeur capables de se tenir en charge. On constate de plus en plus que l'âge de marier des jeunes hommes (surtout ceux qui ont fréquenté l'école) oscille autour de 35-37 ans.

 

Le chômage s'accompagne de tout un lot de malheurs qui constituent un frein important au développement comme la consommation des drogues et stupéfiants divers, les mauvaises mœurs, l'arnaque, l'oisiveté devant la Télé, smartphones, etc...

 

Au début des années 1930, le pouvoir allemand a émis la volonté de permettre à chaque couple d'être à même de se doter d'une voiture. Le sens même de VW est la voiture du peuple. En plus, chaque couple devait avoir un logement. Ceci fait qu'aujourd'hui une personne sur deux possède une voiture en Allemagne, soit 46 millions de véhicules en circulation sur une population de 83 millions.

 

En se fixant cet objectif, le gouvernement a abattu un travail immense en mobilisant les banques, les industriels et tous les partenaires au développement afin de rendre les moyens accessibles. Aujourd'hui, un salarié qui souhaite avoir une nouvelle voiture s'adresse au concessionnaire. Celui-ci entre directement en contact avec la banque et le salarié obtient sa voiture qu'il paye en tranches.

 

Mais, avant de fixer ces objectifs en faveur du bien-être du citoyen, le gouvernement allemand s'est d'abord assuré que chaque bouche a assez pour manger, s'habiller et se loger, trois besoins primaires qu’on ne peut pas se passer. Il a rendu disponible les moyens techniques d'obtenir de l'énergie nécessaire pour le chauffage, sans oublier un système adéquat d’approvisionnement en eau potable et autres éléments de base.

 

Depuis cette époque, le gouvernant allemand a travaillé à convaincre les investisseurs sur la mise en place des infrastructures routières et ferroviaires pour l'épauler. Il a ainsi rendu le transport en commun ou privé possible et abordable partout.

 

 

Dans les pays comme le Burundi, il manque cette mobilisation qui nécessite des fonds considérables et du savoir-faire. Si les politiques n'arrivent pas à mobiliser les fonds et les moyens nécessaires aussi bien étatiques que privés, le citoyen souffrira du manque de ce tremplin au développement économique et donc aura du mal à pouvoir se lancer. C'est l'occasion de le dire, une planification bien élaborée doit être pensée, équipée et outillée. L'État tout comme le secteur privé doit se doter du savoir-faire aux mains des nationaux principalement.

 

Pour ce qui est de la guerre, disons qu’en temps de guerre, les réflexes ne sont plus de produire, mais plutôt de fuir. Sans espoir du lendemain, les forces productrices se mettent à l’abri, en jachère mais l’estomac, lui, augmente ses activités, dirait-on. Plus on ne travaille pas, plus on a faim.

 

Avant la guerre c’est la panique, pendant la guerre c’est le sauve qui peut et après la guerre, le spectre de la guerre se poursuit. Sans guérison des mémoires blessées, les cauchemars, les scénarii liés aux troubles post traumatiques et la peur du retour de la guerre constituent un véritable frein à toute activité économique. Le Burundi en souffre toujours.

 

La guerre entraîne destruction, réduction et anéantissements des forces, destruction du patrimoine et des biens générateurs des revenus, flux des réfugiés, gèle d'initiatives par peur. Donc, parmi les freins au développement durable, il faudrait bien nommer les guerres, les tensions et les crises aussi bien dans la région ou lointaines.

 

De plus en plus, nous assistons à un phénomène nouveau, l’arrivé de la technologie numérique et ses impacts sur nos vies. Le monde des jeunes contemple ces objets avec envie d’y cueillir des Dollars, tel des fruits murs. En longueur de journée, certains Burundais et Burundaises reste dans le lit, branché sur leur smartphones soit pour escroquer via les réseaux sociaux, soit courir derrière les insolites. Oui, les informations les atteignent vite mais qu’est-ce qu’ils en récoltent financièrement ?

 

Comme pour dire « Ntamwuga udakiza », tous les métiers sont nobles. Il y en a qui s’en sortent avec Tik Tok, You Tube, Face Book, par coup magique d’histoire amusante et parviennent à décrocher une certaine somme en devise. Vraiment les gestionnaires des réseaux sociaux sont généreux quand ils rémunèrent une personne qui a agi à leur insu, sans contrat avec eux. Juste le « subscribe » suffit pour entrer dans « la case l’Ali Baba »

 

Ceci étant la réalité dans les villes et centre urbains, l’énergie devient incontournable pour la charge des batteries qui entretiennent les téléphones et les ordinateur. Elle lutte contre le sous-développement. Ici et là, le courant électrique permet aux soudeurs, aux coiffeurs, aux réparateurs de matériels électroniques (téléphone, radio, montre, instruments de musiques…), aux menuisiers et autres agents de petits métiers de nourrir leurs familles.

 

En milieu rural, le développement se pense toujours en termes d’agriculture et élevage. C’est à partir de ce postulat qu’à l’occasion de la célébration de la Journée des Travailleurs le 2 mai 2022, le chef de l’État Burundais a appelé à un dialogue avec les propriétaires de terres non exploitées en vue de mettre celles-ci à la disposition de gens prêts à les exploiter. Et cela dans le but d’augmenter la production.

 

A vrai dire, avec la surpopulation notamment dans le milieu rural, les terres cultivables au Burundi sont saturées et les lopins de terres inexploitées sont très peu nombreux. Mais il faut maximiser car, en effet, les 79,2% de terre cultivables au Burundi ne le sont pas. Le Plan National de Développement PND 2018-2027 révèle que l’agriculture contribue à hauteur de 39,6 % au Produit Intérieur Brut (PIB) et offre 84% d’emplois. Elle fournit 95% de l’offre alimentaire et est le principal pourvoyeur de matières premières à l’agro-industrie.

 

La narration habituelle, véhiculée à travers les données de l’Etat Civil, dit que tout burundais qui n’a pas de diplômé est agriculteur « umurimyi ». Il en résulte que la majorité de la population burundaise présente des Cartes Nationales d’ Identité qui ne reflètent pas la réalité sur terrain. Le mot profession a eu une exploitation abusive qui fausse toutes les statistiques au point de voir certains ayant la profession d’agriculteur alors qu’ils n’ont aucun champ. De même, un enseignant peut avoir la profession de psychologue, mathématicien ou économiste ; mais la profession d’enseignant ne signifie rien, encore moins celle de fonctionnaire.

 

Les raisons de l’inexploitation des terres peuvent être dues aux conflits fonciers qui émanent de ce flou entretenu au sommet. De plus, des frères et sœurs qui ne sont pas encore prêts à se partager le lopin de terre, une volonté de mise en jachère, la tendance à clôturer des propriétés pour créer des zones de pâturage sont autant de motif au sous-développement.

 

L'agriculture tout comme l’élevage n’a pas entamé la pente de la mécanisation alors que la tendance à l'urbanisation est un fait réel. Par conséquent, il faut réhabiliter l’outil de production et redynamiser l’activité agricole sur base d’une technologie appropriée, notamment en procédant à la numérisation des espaces domaniales et des Cartes Nationales d’Identité. Il faut relancer la production et atteindre, voire surpasser les meilleurs niveaux et surtout chercher à sortir de l’agriculture de subsistance pour aller vers une agriculture de marché, mécanisées et rationnelle.

 

Théon TUYISABE

Enseignant-Chercheur

Université des Grands Lacs (UGL en sigle).

 

Voir les commentaires

Pour une éthique familiale au Burundi : Un foyer modèle

7 Décembre 2022, 16:02pm

Publié par Theon Tuyisabe

 

L’anthropologie du mariage et de la famille reconnait avant tout la famille comme étant « le fondement de la société humaine ». Dans ce sens, l’anthropologie religieuse, surtout catholique exprime dans Vatican II exploité par la revue « Croire La croix », que le Créateur a fait de la communauté conjugale l'origine et le fondement de la société humaine. Elle ajoute que par sa grâce, il en a fait aussi un mystère d'une grande portée dans le Christ et dans l'Église.

 

Fondée sur la relation trinitaire, la famille est donc l’expression de cet amour divin incarné dans l’amour du christ à son église. Elle le manifeste et le rend visible comme sacrement.

L’homme comparé par Saint Paul à Jésus et la femme à l’Église, cela signifie que l’amour qui réunit l’homme et la femme est un amour qui se donne complètement pour le bonheur de l’autre, un don qui va au-delà même du sacrifice. En fait, il ne s’agit pas seulement ici d’une comparaison mais d’un appel.

 

Dans la vie courante, les couples ou les familles qui répondent à cet appel ne se laissent pas voir facilement. Ce ne serait même pas exagéré de dire que ces familles n’existent pas réellement. En effet, les ménages ou les familles modèles n’existent pas.

Chaque famille a son histoire, ses réalités, ses hauts et ses bas. Même la sainte famille, tant appréciée au niveau de l’Église ne peut pas être un modèle parfait.

 

En effet, s’il faut reconnaître que dans la famille, il y a papa-maman et les enfants, Joseph-Marie et Jésus sont loin de réaliser ce modèle car le rapport entre Marie et Joseph n’a jamais été conjugal selon l’Église catholique.

 

Révélée comme « Immaculée conception », toujours vierge, il va de soi que Joseph n’a jamais connu Marie. Ils n’ont jamais fait de rapport sexuel. En effet, comme nous l’enseignait Monseigneur Fidèle Agbatchi, l’ancien archevêque de Parakou au Bénin, ce serait même très osé de la part de Joseph de prétendre courtiser et faire des rapports sexuels avec une femme qui a accouché Dieu, une femme préférée par Dieu.

 

Joseph n’a donc pas été le mari de Marie. L’expression « époux virginal » enlève le caractère humain à cette relation, de sorte qu’aucun homme sur terre ne peut suivre l’exemple de Joseph envers sa femme.

 

Joseph n’a pas été le père biologique de Jésus au moment où chaque homme marié est invité à mettre au monde son propre fils et/ou sa propre fille dans la mesure du possible. L’amour est en effet fécond. Cette fécondité de l’amour qu’est la joie se matérialise bien évidemment dans un enfant. C’est pourquoi le catéchisme de l’Église catholique répète sans cesse que « le mariage humain est ordonné à la procréation ». S’il faut en adopter un, c’est parce qu’il a été impossible d’en avoir pour soi.

 

Partant du postulat que le couple Marie-Joseph ne peut en aucun cas être le modèle du couple humain normal, il faut tout de même reconnaître que ces personnages restent des icônes de la foi chrétienne, surtout catholique.

Pour les évêques de l’Église du Burundi, dans leur Directoire du mariage et de la famille pour les diocèses catholiques du Burundi, en fixant le Décret Général y correspondant en 2020, ils ont proposé les qualités d’une famille modèle retrouvables chez Marie et Joseph.

 

Sept voies éthiques leur ont servi de référence à savoir : l’amour mutuel des époux, la concertation, l’entraide, la bonne conduite des parents et des enfants sans oublier les bons rapports avec les voisins. Pour ce clergé burundais, quand de surcroît la famille pratique sa foi en Dieu, elle dispose beaucoup d’atouts pour être le modèle des autres.

 

Le but du mariage est le bonheur. Défini par Aristote comme communion avec le Bien, Saint Thomas d’Acquin a finalement évangélisé cette définition en remplaçant le mot «bonheur » par béatitude qu’il définira comme la communion avec Dieu.

 

Selon Gazandi, l’homme et la femme se rencontrent et se rapprochent justement pour cheminer ensemble vers la Sainteté. L’état de Sainteté, c’est l’état de vie en Dieu. Dieu seul est Saint. La Béatitude et/ou le Bonheur ne peut donc être nul par ailleurs qu’en Dieu.

 

Le mariage est finalement l’occasion qu’on se donne pour cheminer avec l’autre vers le Bonheur, vers Dieu, vers le Ciel. Le couple marié devrait être heureux. C’est d’ailleurs ce couple heureux qui peut déborder son bonheur vers les autres couples qui finalement le considèrent comme modèle.

Cet état pourra advenir quand il arrive à communiquer, dialoguer sur tous les sujets concernant leurs vies. Le dialogue familial est différent des disputes, des défoulements ou des agressions verbales. Pour bien discuter en famille, il faut bien choisir le moment favorable pour le dialogue, le lieu approprié pour abriter les interlocuteurs et surtout choisir les bonnes paroles à utiliser pour un dialogue fructueux.

 

Un ménage modèle est un ménage fondé sur la concertation et l’entraide mutuelle. Le mariage va en effet au-delà du contrat signé par les mariés devant l’officier de l’état civil ou le messager de Dieu. En plus du contrat et des signatures des deux mariés, il faut se rendre compte que parmi les offrandes que le prêtre présente à l’autel, il y a aussi ces contrats qui par la même occasion sont transformés en corps et sang du christ. Pourrais-je dire, il n’y a pas de sacrement de mariage sans eucharistie.

 

A ce contrat entre deux hommes, s’ajoute alors le contrat avec Dieu qui, lui aussi appose sa signature en faisant de ce mariage un sacrement. Finalement, le mariage unit l’homme, la femme et Dieu.

 

Au niveau de l’Église catholique, la participation de Dieu dans cette union fait de ce mariage une unité indissoluble. L’homme et la femme deviennent une même chair et sont liés par Dieu lui-même, le Dieu qui était, qui est et qui sera toujours leur lien.

 

Le régime matrimonial qui favorise donc cette unité indissoluble est, selon l’Église Catholique, la communauté des biens. Quand l’homme et la femme comprendront qu’il n y a pas l’un sans l’autre, que la chute de l’un entraîne la chute de l’autre, fini les spéculations égoïstes toujours à la base des divorces qui s’observent ici et là.

 

Reste que les parents deviennent les exemples pour les enfants, que les enfants respectent et aident leurs parents et que la famille affiche un bon comportement dans son voisinage et envers les familles proches.

 

Sans Dieu, aucune famille ne peut tenir. La prière en famille, la participation aux activités de l’Église et la vie nourrit de sacrement pour chaque famille constituent ainsi les repères à vulgariser pour être le modèle des autres.

Théon TUYISABE

Enseignant-Chercheur à

l’Université des Grands Lacs

UGL en sigle.

Bujumbura/Burundi

 

Voir les commentaires

Le mariage interethnique dit mixte au Burundi

2 Novembre 2022, 18:22pm

Publié par Theon Tuyisabe

 
 
Dans l'article publié par le magazine Jimbere, Theon Tuyisabe présente le mariage entre deux personnes issues de deux ethnies différentes  comme une antidote au discours de la haine. Les Burundais nomment ce genre d'unions comme couples mixtes.
 
Découvrez plutôt vous-mêmes cet article du magazine "Jimbere". 
 
 
                                      ./.
 
 
 

 

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>